Le Blurp! de l’égo qui soulage

Il y a quelques jours, je vivais une nouvelle retraite animée par la lumineuse Charlotte Hoefman. Une retraite à la Charlotte, c’est pas de la tarte aux abricots, je les vis violemment à chaque fois, mais j’y retourne quand même car je vois à quel point ma vision de la vie, de l’existence, des expériences que je vis, des tempêtes aussi, est transformée et comment je vis les choses plus sereinement, plus patiemment, plus en confiance ensuite.

Bref, pendant ces retraites Charlotte nous fait son one woman show des ptits personnages à l’intérieur de nous et nous pose régulièrement la question de « Qui dit ça ? Qui fait ça ? Quel personnage à l’intérieur de toi ? ». Et c’est là, lors de cette dernière retraite, que m’est apparu cette question épineuse :

« Rhâ et si c’était mon égo qui voulait monter ce projet ? ».

Boom ! Tempête intérieure.

J’avais tous les arguments : « Bin oui, Si tu fais ça, c’est parce que tu as besoin de briller en société, que tu veux montrer que tu fais des trucs éthiques et alternatifs. », « Si tu veux un zôme, c’est parce que ca fait bien, ca va attirer du people parce que ça pête. », « Si tu fais des vidéos, c’est parce que c’est plus visible sur les réseaux sociaux », « T’as kiffé hein quand tout le monde t’a félicité alors que tu n’avais encore rien fait ? », « T’as kiffé hein de voir tout cet engouement autour du projet ? », « Si tu … blablablab, bliblablou, blabla ».

Blurp !

J’ai laissé coulé. Je me suis repris la tête. J’ai lâché. Rebelote en compote. J’ai continué mon chemin … Blablabla, bliblablou … Et là, comme posé sur un caillou, tout s’est éclairci, le blurp, le bon, celui qui chasse ton ballonnement mental d’un coup d’un seul et qui te soulage enfin. Le Blurp donc est arrivé. J’ai réussi à remettre les choses dans le bon sens. Ce n’est pas l’égo, non, qui voulait monter ce projet, mais bien mon coeur qui a initié tout ça, qui a eu cet élan, cette pulsion initiale pour me lancer tout en joie et amusement dedans. Puis l’égo en a été informé et a voulu s’emparer de la chose. Parce que c’est l’égo, il est comme il est, il aime bien prendre de la place, être le premier, tout en haut, contrôler, avoir raison, jauger, juger, et il aime pô du tout la joie et l’amusement, oh que non. Et ce n’est pas un reproche, il a peur, c’est tout, et il pense me protéger au fond de lui.

Et voilà, je ne l’ai pas vu tout de suite arriver. Il est discret dans ses méthodes l’égo. Il s’insère tout doucement, tout sournoisement dans ta tête et tes actions et tu peux le voir seulement une fois que le gloubiboulga mental est lancé ! Mon coeur, la source de kiff, la joie intérieure, appelez ça comme vous voulez, a eu du mal à se faire entendre car il est comme ça le coeur, il attend patiemment et sereinement qu’on vienne l’écouter, et il ne vient jamais mettre ses grosses bottes sur la table pour dire « Ca suffit »! Il sait qu’on doit faire notre petit chemin à notre rythme et attend qu’on vienne lui demander de guider la barque. Il ne dirige pas la barque pour lui-même comme l’égo, mais bien pour nous, pour la ptite âme qui a choisi de venir twavailler sur elle en s’incarnant dans le jeu de la Terre.

J’ai donc remis les pendules à l’heure avec tout ce ptit monde intérieur. C’est bien le coeur qui s’est lancé dans ce projet, l’égo a ensuite pris le volant en route de temps en temps. C’est bien le coeur qui kiffe rêvasser du lieu une fois fini et qui se voit, plein de gratitude, les pieds en éventail dans le transat à s’émerveiller du monde, danser avec ses bottes dans les flaques d’eau ou rire en observant le matou s’excitait avec une feuille. C’est le coeur qui est en joie d’accueillir chez lui du monde et de rencontrer pleins de personnes. C’est le coeur qui rythme mes journées de travail en choisissant chaque matin ce qui me ferait le plus kiffer de faire.

Et l’égo, lui, il réapparait de temps en temps : quand je me force à faire qqch parce que « Il faut », que « C’est comme ça qu’on entreprend », quand je me vois avoir peur, peur que ca ne marche pas, peur que ce ne soit pas viable financièrement, peur de ne pas être légitime, peur des qu’en dira t-on, blablabla bliblablou.

Le coeur lui, il s’en fout de tout ça, il fait son plan de trésorerie prévisionnel sereinement et joyeusement, il s’amuse dans toutes les tâches à faire, non pas parce qu’il n’est pas sérieux dans ce qu’il fait, mais parce qu’il avance en confiance. Il sait que tant que je kiffe, ca va le faire. Il sait que peu importe où tout ça va finir, le plus important c’est de faire ce qu’il me plait dans l’instant présent, et dans tous les instants présent de mon chemin dans cette expérience.

Dans ces pérégrinations intérieures, j’ai fini par comprendre que je voulais danser dans mes actions du quotidien, que je voulais que ce soit le plus fluide possible, le plus OK avec les aléas du quotidien. Et dès que le gloubiboulga revient, j’essaie au maximum de le repérer au plus vite pour me recentrer dans le coeur et démêler ce qui appartient à l’égo ou à ma source de kiff. Je dis pas que ça va être facile et évident, mais je suis convaincue que ça en vaut la « peine ».

De nouvelles questions apparaissent maintenant : Quelle mission donner à mon égo ? A quel moment peut-il être juste de le solliciter ? Manquerait plus qu’il déprime !

Voilà voilà, c’est tout pour le moment et je reviendrais très certainement sur ce sujet au gré de mes prochains démêlages gloubiboulgesques.

Des poutoux,

Anaïs

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